Le journal l’Equipe et Raymond Domenech

Une L'Equipe DomenechAmusant (et affligeant) de lire ces jours-ci les différents compte-rendus et commentaires qui font suite à la défaite de l’équipe de France de football en Autriche (3 buts à 1). Si, malgré la grosse polémique entre Aimé Jacquet et le journal l’Equipe en 1998, vous pensiez que les journalistes du grand « quotidien de référence » faisaient désormais leur métier en toute objectivité, admirez une leçon de traduction des propos (pour une fois assez clairs) de Raymond Domenech parlant des jeunes joueurs de la sélection tricolore. De la « simple » campagne de dénigrement à la désinformation quasi-malhonnête, certains journalistes de l’Equipe semblent maîtriser l’art d’interpréter les déclarations selon leur bon vouloir et leurs intérêts propres (car polémique signifie évidemment hausse des ventes).

Ce que Domenech a dit (au micro de RTL) :

«Ils ont le devoir d’être ce qu’on attend d’eux au plus haut niveau possible sur leurs qualités. Mais on ne peut pas leur demander tout d’un coup d’être Zidane ou Maradona à 19 et à 20 ans. On n’aura pas des joueurs à 19 ou 20 ans qui ont la maturité des joueurs de 27-28 ans. A la fin de sa carrière, il (Zidane) a été exceptionnel, mais quand il a été international, il avait déjà presque 23 ans (22 ans et 2 mois, ndlr). On ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable»

Comment le relate le site sport24.com :

9/09 09h04 – Domenech protège les jeunes
logo sport24Raymond Domenech a pris la défense de la nouvelle génération au micro de RTL lundi. «Ils ont le devoir d’être ce qu’on attend d’eux au plus haut niveau possible sur leurs qualités. Mais on ne peut pas leur demander tout d’un coup d’être Zidane ou Maradona à 19 et à 20 ans. On n’aura pas des joueurs à 19 ou 20 ans qui ont la maturité des joueurs de 27-28 ans», a expliqué le sélectionneur.

source : sport24.com

Pour sport24.com, le compte-rendu paraît assez objectif et surtout cohérent par rapport aux déclarations de Raymond Domenech. Pas de comparaison hâtive, il faut laisser du temps aux jeunes pour éventuellement un jour avoir le niveau de joueurs comme Zidane ou Maradonna qui ont atteint leur apogée vers 25 ou 26 ans.

Comment lequipe.fr interprète les mêmes déclarations :

08/09/2008 23:58 Domenech : Zidane n’est pas qui veut
logo lequipeHistoire d’en rajouter une couche, comme si sa communication désastreuse jusque-là ne suffisait pas, Raymond Domenech a estimé lundi soir que les jeunes alignés samedi contre l’Autriche étaient loin «d’être Zidane ou Maradona à 19-20 ans». «Ils ont le devoir d’être ce qu’on attend d’eux au plus haut niveau possible sur leurs qualités, a commencé par expliqué le sélectionneur sur les ondes de RTL. Mais on ne peut pas leur demander tout d’un coup d’être Zidane ou Maradona à 19 et à 20 ans. On n’aura pas des joueurs à 19 ou 20 ans qui ont la maturité des joueurs de 27-28 ans.»
En résumé, selon Domenech Samir Nasri, souvent comparé à Zidane, est loin de lui arriver à la cheville, en tout cas au même âge. Démonstration à l’appui : «A la fin de sa carrière, il (Zidane) a été exceptionnel, mais quand il a été international, il avait déjà presque 23 ans (22 ans et 2 mois, ndlr). On ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable».

source : lequipe.fr

Pour lequipe.fr, Domenech a donc cassé, démoli, laminé Nasri et Benzema, en laissant entendre qu’ils sont déjà moins forts et moins doués que Zidane au même âge… ce qu’il n’a jamais dit !

Une nouvelle fois, sans pour autant excuser la communication parfois incompréhensible de Raymond Domenech, ce sont les Cahiers du Football qui ont raison sur le traitement réservé par l’Equipe au sélectionneur national.

Extraits de « LES BLEUS SE RAMASSENT À L’HAPPEL » :

lundi 8 septembre 2008
(..)
logo cahiersdufootballCar il faudra encore bien des contradictions pour se lamenter sur le match des Bleus en fustigeant ceux-ci et leur entraîneur: à la manière de L’Équipe, par exemple, qui les qualifie outrancièrement de « franchement ridicules » face à de « faibles Autrichiens »… qui se voient pourtant attribuer une flopée de 7. On peut résoudre le paradoxe sans se scandaliser pour autant: faibles effectivement, les hommes de Karel Brückner, ont su se transcender par la grâce de l’ouverture du score, sachant être incroyablement efficaces sur les coups de pied arrêtés et surtout, défendre avec un acharnement coutumier en pareilles circonstances. Ajoutez quelques performances individuelles du genre qui marquent une carrière, et vous avez le résultat de samedi soir.
(…)
La minute de journalisme impartial de Régis Testelin
« Les Français n’aiment pas beaucoup Raymond Domenech et lui feront sans doute payer, mercredi, au Stade de France. Il y sera hué » (L’Équipe).

source : cahiersdufootball.net

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